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9 arguments pour montrer pourquoi tout le monde serait gagnant

1. La branche est à nouveau florissante
Personne ne peut le contester: le secteur de l’impression est à nouveau en plein essor après la phase déprimée du début du 21e siècle. Les chiffres d’affaires sont en hausse et dépassent à nouveau six milliards de francs. La rentabilité est globalement bien meilleure. Quant au taux d’utilisation des capacités des quelque 2600 entreprises de la branche, il est passé de 80% en 2002 à près de 90% aujourd’hui.

2. La productivité s’améliore
La valeur ajoutée brute réelle constitue un précieux indicateur de la santé d'une branche. Elle affiche
dans l'industrie graphique une évolution que les experts en conjoncture du prestigieux bureau "BAK Basel Economic " qualifient d'excellente. Depuis octobre 2006, cette valeur progresse de 2% quasiment à chaque
trimestre. Au premier trimestre 2008, la branche a même connu une amélioration de productivité de 2,5%.

3. Les exportations augmentent
L'association patronale Viscom se plaint constamment de la perte de compétitivité de la branche suisse de l'impression en comparaison internationale. Or, les chiffres récemment publiés par Viscom prouvent le contraire : les exportations augmentent depuis des années: +14% en 2004, +10% en 2005, +18% en 2006 et +1,5% en 2007 - elles s'élèvent désormais à 876 millions de francs. Au cours de la même période, les importations n'ont progressé que de 5%.

4. Les bénéfices explosent
Les groupes de presse Ringier, Tamedia, NZZ et Edipresse sont des acteurs influents dans le secteur de l'impression. Or, tous ont récemment publié de brillants résultats. Ainsi Ringier et Tamedia ont vu leurs bénéfices respectifs bondir de 51 et 45%, pour atteindre de nouveaux records absolus. Il suffit de lire les derniers rapports d'activité pour constater que le secteur de l'impression permet d'amasser beaucoup d'argent.

5. Le niveau des salaires est bas
La croissance économique ne s’est pas répercutée sur les salaires. Ain- si, le salaire minimum du personnel non qualifié figurant dans le CCT n’est que de 3300 francs brut par mois – soit moins que dans la grande distribution (Migros, Coop et Denner). Même l’hôtellerie-restauration, longtemps montrée du doigt pour ses bas salaires, est en train de dépasser le secteur de l’impression supposé offrir des salaires élevés.

6. Les salaires réels sont moins hauts qu’en 2002
Depuis 2002, les salaires réels ont diminué dans la branche de l’impression et de l’édition. Autrement dit, les salaires perçus aujourd’hui permettent de faire moins d’achats que ceux d’il y a six ans. Aucune autre branche n’a été aussi durement touchée, comme le montre l’indice des salaires 2007 récemment publié par l’Office fédéral de la statistique.

7. En dehors du CCT, c’est le Far West
Le CCT de l’industrie graphique présente une faiblesse majeure: il ne s’applique qu’aux membres de Viscom. Or, cette association patronale n’organise que 750 des 2638 employeurs de la branche. Ainsi, des milliers de patrons se soustraient volontairement au CCT, afin de pouvoir se livrer impunément au dumping salarial et social. Ils ne versent pas un centime aux coûteuses activités de formation et de perfectionnement. Et malgré tout, comme les autorités ferment les yeux, ils vivent comme des coqs en pâte de mandats publics et de l’argent du contribuable. Or, il n’y a qu’un seul remède contre de tels abus: la Déclaration de force obligatoire générale (DFO) du CCT sur le plan suisse, comme l’exige aujourd’hui comedia.

8. Les jeunes ne veulent plus devenir imprimeurs
Le maigre salaire initial prévu après l’apprentissage nuit à la branche. Les jeunes se détournent des métiers, jadis prestigieux, du secteur de l’imprimerie. En 2001, la branche formait encore 616 apprenants, contre 495 en 2007. Or, au vu de la révolution technologique en cours, des professionnels compétents et motivés sont plus que jamais nécessaires. Ce n’est pas en rebaptisant les métiers – il est désormais question de polygraphes et de techno-imprimeurs – que l’on sauvera l’image écornée du secteur. Selon comedia, seuls des salaires minimaux appropriés – y compris pour les travailleurs qualifiés – rendront ces métiers de l’imprimerie à nouveau attrayants.

9. Pas touche aux indemnités
Viscom souhaite réduire les suppléments pour travail de nuit, flexibiliser les horaires de travail et instaurer le travail 24h/24 tous les jours dans l’impression de travaux de ville. Ses intentions sont transparentes: la durée d’utilisation accrue des machines doit servir à rentabiliser l’achat de machines encore plus performantes et plus coûteuses. De nouvelles surcapacités verront ainsi le jour et la concurrence acharnée qui en résultera aboutira à évincer du marché les petites entreprises financièrement moins solides. Donc pas touche aux indemnités – elles sont largement justifiées!

Beat Jost et Alain Simon