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Dignité intacte des salarié·e·s, mépris intact de la direction

Edipresse est arrivé à ses fins : 100 postes disparaissent. Des sacrifices faits par les salarié·e·s permettront d’en atténuer un peu la violence. L’ampleur de la contestation a surpris la direction et la détermination du personnel de l’imprimerie lui a permis d’obtenir des améliorations. L’unité à laquelle comedia appelait aurait sans doute pu faire reculer davantage le géant lausannois. Une leçon à tirer pour les luttes à venir.
 
Un mois jour pour jour après avoir annoncé la suppression de 100 postes, Edipresse arrive à ses fins. Toute la mascarade des «négoscussions » avec les syndicats et le personnel n’auront pas servi à sauver le moindre emploi. Les objectifs financiers dictent leur loi et Edipresse n’est entré en matière sur aucune des propositions de comedia et du personnel pour atténuer le nombre de suppressions de postes. Des licenciements se sont transformés en départs volontaires ou autolicenciements. Grâce à des baisses de temps de travail et des préretraites, quelques licenciements ont été évités. A première vue, on pourrait parler d’un échec pour les salarié·e·s et ceux qui les défendent. A y regarder de plus près, les conditions pour une réaction d’ampleur étaient loin d’être réunies: contexte de crise économique générale et de crise de la branche des médias, frappée par la plus grande baisse de la publicité jamais vue, dans une entreprise qui, à coups de restructurations en cascade a réussi à gravement atomiser les salarié·e·s. L’ampleur des coupes et le mépris d’un géant de l’édition, qui continue à faire de confortables bénéfices, ont largement choqué. L’importance donnée à la valorisation financière du groupe pour le vendre au meilleur prix à Tamedia n’a sans doute échappé à personne.
 
Une forte contestation encore fragile

L’ampleur de la contestation et la détermination du personnel de l’imprimerie leur ont permis d’obtenir finalement un plan social avec un contrôle paritaire. En dépit de toutes les tentatives de division qui ont parfois fonctionné, une certaine solidarité a émergé entre les rédactions et les imprimeries. Ils ont lutté ensemble avec dignité. Même des représentants d’Impressum ont senti la colère des employé·e·s et sont venus s’exprimer au mégaphone lors des mobilisations. Toutefois, l’unité d’action n’a malheureusement pas pu être obtenue, permettant ainsi à la direction de jouer facilement sur les divisions.

Edipresse avait déclaré vouloir « traiter de manière équitable et comparable » le personnel des trois secteurs d’Edipresse Suisse (rédaction, imprimerie et secteurs techniques). Cela n’a pas été le cas. D’un côté, la direction a négocié et signé avec la délégation de la coordination des rédactions un plan social. De l’autre, dans un premier temps du moins, elle n’a fait que consulter les commissions du personnel du Centre d’impression d’Edipresse (CIE) à Bussigny et d’Edipresse Publications SA (EPSA, prépresse, services techniques et administratifs) et leur a imposé unilatéralement des mesures d’accompagnement, au nom d’une lecture particulièrement restrictive et juridiquement douteuse du Contrat collectif de travail de l’industrie graphique.

comedia a dénoncé le manque flagrant de volonté de la direction d’éviter les licenciements. La solution du chômage partiel s’est vue balayée. Et les mesures volontaires proposées par les commissions du personnel et comedia ont été rendues peu attractives par la direction, qui n’a laissé aux salarié·e·s qu’un délai indécemment court (5 jours ouvrables) pour prendre une décision d’une si grande importance.
 
La direction maintenue sous pression...

Le 28 octobre, réuni en assemblées générales, le personnel du CIE et de l’EPSA, s’est prononcé à près de 90% contre les mesures d’accompagnement insuffisantes. Les mê mes assemblées avaient approuvé à l’unanimité une résolution exigeant une vraie négociation pour éviter ou au moins limiter les licenciements et aboutir à un vrai plan social. Le personnel avait fixé un ultimatum à la direction au lundi 2 novembre à 12h pour donner sa réponse… qui n’est jamais venue officiellement.
La direction a ensuite organisé des assemblées du personnel, le lundi 2 novembre (convoquées le même jour sans invitation de comedia), afin de donner une information sur les mesures d’accompagnement imposées. Ce qui est surprenant, c’est que la direction avait jusqu’alors refusé de défendre son point de vue durant les assemblées générales précédentes. Notons l’acte très courageux des représentants du personnel de l’EPSA et de leurs collègues, lors de la séance d’information donnée par le directeur général d’Edipresse Suisse Serge Reymond à 16h. Les membres de la commission du personnel ont notifié à la direction leur volonté de voir comedia représenté dans cette séance (deux secrétaires syndicaux étaient d’ores et déjà présents dans la salle). Cette exigence s’est évidemment vue refuser en coeur par la direction, et particulièrement par Serge Reymond qui a tenté de mettre dehors un des membres de la commission du personnel pensant que celui-ci était un représentant de comedia. Ce salarié d’Edipresse n’a pas manqué de dire qu’il ne travaille là que depuis une vingtaine d’années. A l’appel, par la commission du personnel, de ne pas assister à cette séance fantoche dans laquelle le syndicat s’est vu refuser le droit d’être représenté, plusieurs collègues ont suivi et les 5 membres de la direction se sont retrouvés avec très peu de salarié·e·s…
 
… lâche du lest

Devant le refus d’Edipresse de négocier, les commissions du personnel du CIE et de l’EPSA, soutenues par comedia, ont tiré les conclusions qui s’imposaient. Elles ont appelé à des assemblées de protestation. Entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées le mercredi matin 4 novembre devant la tour Edipresse et plus de 100 personnes également dans l’après-midi devant le CIE à Bussigny pour crier leur colère face à une direction qui refusait de négocier vraiment et d’éviter le maximum de licenciements. Au CIE, la délégation syndicale a été reçue par le directeur, Michel Berney, qui a néanmoins refusé de fixer une date pour des négociations. Le personnel du CIE présent à l’assemblé de protestation a alors décidé à l’unanimité des mesures de lutte si la direction décidait de prononcer des licenciements avant la négociation d’un vrai plan social. Devant cette pression, la direction a dû lâcher du lest.

« Trop, c’est trop. » Cette banderole de la rédaction du Matin, devant la tour Edipresse, exprime bien le rasle- bol général du personnel d’Edipresse face à l’entêtement de la direction. De nombreux et nombreuses journalistes de la Tribune de Genève sont venus manifester à Lausanne. La veille, les journalistes du Matin avaient débrayé une heure et étaient partis en manif à la gare. Ils protestaient contre la méthode utilisée pour licencier une grande partie des photographes. L’audit externe qui a justifié ces pertes d’emploi était manifestement truffé d’erreurs grossières. La direction l’a admis mais sans en tirer les conclusions qui s’imposaient, à savoir le non-licenciement. On peut ainsi s’interroger sur la fiabilité de l’analyse qui a conduit à décider ces 100 licenciements. Ni les audits invoqués ni aucuns chiffres précis n’ont été présentés dans les services techniques et à l’imprimerie pour justifier ces mesures, soi-disant purement structurelles. Le chiffre symbolique de 100 laisse plutôt penser qu’il a été arrêté arbitrairement.
 
Plan social au CIE obtenu par la mobilisation

Ces mobilisations et la solidarité entre les salarié·e·s du groupe ont permis l’ouverture de négociations entre la direction et les deux commissions du personnel pour tenter d’améliorer lesmesures d’accompagnement imposées jusque-là unilatéralement par la direction. Au CIE, le plus touché avec 50 personnes concernées, un protocole d’accord précisant de manière favorable certains points et transformant ces mesures en plan social, contrôlé paritairement par la direction et la commission du personnel, a été présenté le lundi 9 novembre à l’assemblée du personnel. Il a été approuvé à une faible majorité de 48 contre 40. Il s’en est donc fallu de très peu pour que la parution des journaux ne soit fortement retardée ou empêchée. Dans ces moments où tout peut basculer, la rage devant des mesures injustes et aux conséquences immenses sur les collègues qui partent comme sur ceux qui restent, se mêle à la peur d’être licencié

La perte de 100 postes de travail, annoncée le 9 octobre, est donc confirmée, avec comme conséquence 61 licenciements secs, 11 préretraites, une quinzaine de départs «volontaires », et une trentaine de baisses de taux d’activité (forcées ou volontaires), soit plus de 115 personnes touchées par les mesures de restructuration. Pourtant la direction d’Edipresse avait financièrement largement les moyens d’éviter tous ces licenciements et la perte d’un aussi grand nombre d’emplois. La direction aurait pu choisir une voie moins abrupte et plus humaine en couplant chômage partiel et départs volontaires et naturels, étalés dans le temps. En outre, la direction d’Edipresse a refusé d’entrer en matière sur des possibilités de préretraite en dessous de 63 ans alors que d’autres entreprises de sa taille le font.
Il faut encore souligner l’importance du soutien qui prévaut entre les salarié·e·s qui ont décidé de créer avec leurs moyens un fonds de solidarité. Les un·e·s, à l’EPSA, ont voté à l’unanimité la distribution de la caisse de la commission aux personnes qui seront licenciées. Les autres, au CIE, ont voté, également à l’unanimité, pour la création par le personnel d’un fonds de solidarité à redistribuer aux personnes licenciées. Ces fonds sont bien évidemment ouverts aux cotisations des membres de la direction et des actionnaires… Nous espérons sincèrement que le groupe en prendra de la graine pour l’avenir et traitera ses salarié·e·s avec plus de respect et rangera son arrogance et son cynisme au vestiaire !
 
Préparer la suite

Les licenciements ont été prononcés sur 2 jours, mercredi 11 et jeudi 12 novembre. Ces licenciements et ces pertes de postes de travail nuisent gravement à la santé des travailleurs. Tant ceux qui partent que ceux qui restent seront toujours plus stressés. La qualité de leur travail souffrira également des décisions de la direction. Pour assurer aux actionnaires des taux de profit indécents, la variable humaine devient la seule variable d’ajustement.
Comedia tient à témoigner sa solidarité totale avec chaque personne touchée dans son intégrité professionnelle, personnelle et morale, ainsi qu’à sa famille. Comedia aidera individuellement chaque salarié·e touché·e par la restructuration et qui le souhaite, à faire respecter ses droits. Comedia appelle au renforcement les liens entre le personnel, ses représentants et ses syndicats pour être unis et forts face aux prochaines épreuves qui s’annoncent dans la concrétisation du rachat d’Edipresse Suisse par Tamedia.
 
Yves Sance

undefinedTirons les leçons de l’histoire

Direction d’Edipresse maintenue sous pression

Photo : m-magazine. Assemblée de protestation allant de la Tour Edipresse à la Direction (Rasude).

4 novembre 2009. Entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées ce mercredi matin 4 novembre devant la Tour Edipresse et une centaine de personnes également dans l’après-midi devant le Centre d'Impression d'Edipresse (CIE) à Bussigny pour crier leur colère face à une Direction qui refuse une vraie négociation pour éviter le maximum de licenciements. La lutte continue.

«Trop, c’est trop ». Cette banderole de la rédaction du Matin devant la Tour Edipresse exprime bien le ras-le bol général du personnel d’Edipresse face à l’entêtement de la direction à ne pas vouloir des vraies négociations.
 
Soutien des municipalités locales
L’après-midi, devant le CIE, les municipalités de Chavannes-près-Renens et de Renens ont apporté leur soutien aux revendications des salarié∙e∙s et fait part de leur inquiétude sur la situation de l’emploi.

Lettre ouverte remise à la Direction
Lors des deux assemblées de protestation, une lettre ouverte (voir www.comedia.ch) a été remise à la Direction d’Edipresse. Elle exige notamment « la fixation d’une date pour entamer une vraie négociation d’un vrai plan social géré paritairement ». Une  « réponse urgente » avant que la Direction ne prononce les licenciements annoncés est demandée. Malheureusement, personne de la Direction n’était présent pour recevoir la lettre. Une messagère a été chargé de la leur transmettre.  

Serge Reymond travestit la réalité des faits
Contrairement à ce qu’a affirmé aujourd'hui Serge Reymond, directeur général d'Edipresse Suisse à la TSR (12:45), Edipresse n’a pas négocié avec comedia, mais l’a seulement consulté et n’a pas abouti à un plan social, mais à des mesures d’accompagnement imposées unilatéralement. C’est donc bien lui qui « travestit la réalité des faits » et non comedia comme il l’a affirmé à la TSR. Lui-même, la veille, au même TJ midi parlait pourtant de « consultation »… Et comedia ne joue aucun « agenda politique », comme il le prétend, mais accompagne simplement les salarié-e-s d’Edipresse qui exigent de vraies négociations et décideront de la suite.  

Au CIE la délégation a été reçue par le directeur, Michel Berney, qui a néanmoins refusé de fixer une date pour des négociations. Le personnel du CIE présent a l'assemblé de protestation a décidé à l'unanimité de mesures de lutte ou un arrêt de travail si la direction décide de prononcer des licenciements avant la négociation d'un vrai plan social.

undefinedPhotos des manifestations de protestation du 4 novembre


Mobilisation pour ramener Edipresse à la raison

3 novembre 2009.  Les commissions du CIE et de l'EPSA, soutenues par comedia, invitent le personnel d'Edipresse, la population et les autorités politiques de la région, les partis, les syndicats et à tous les lecteurs et lectrices attachés à une information de qualité produite dans des conditions socialement dignes à des assemblées de protestation demain mercredi 4 novembre pour ramener Edipresse à la raison et à ses responsabilités sociales.

Le 28 octobre dernier, réuni en assemblées générales, le personnel du Centre d'Impression d'Edipresse (CIE) et d'Edipresse Publications SA (EPSA, prépresse, services techniques et administratifs) s'était prononcé très nettement contre les mesures d'accompagnement insuffisantes suite à l'annonce de la suppression de 100 postes. Les mêmes assemblées avaient approuvé à l'unanimité une résolution exigeant une vraie négociation pour limiter les licenciements et aboutir à un vrai plan social. Le personnel avait fixé un ultimatum à la Direction au lundi 2 novembre à 12h pour donner sa réponse.

Devant le refus d'Edipresse, les commissions du personnel du CIE et de l'EPSA, soutenues par le syndicat comedia, en tirent les conséquences qui s'imposent. Elles appellent à des assemblées de protestation mercredi 4 novembre à 11h30 devant la Tour Edipresse et à 16h devant le CIE. Par autisme face à ces revendications légitimes au vu de sa situation financière florissante et des répercussions négatives sur la santé des salarié∙e∙s, Edipresse Suisse prend ainsi la responsabilité d'ouvrir la porte à la confrontation. Il s'agit d'un premier pas pour obtenir l'attention et l'écoute d'une direction pour le moment autiste et les yeux fixés sur le seul taux de profit.

undefinedRassemblement de protestation Mercredi 4 novembre à 11h30 devant la Tour Edipresse, à Lausanne et le CIE de Bussigny à 16h

Résolution commune du personnel de 24 heures, de la Tribune de Genève et du groupe Matin

27 et 28 octobre 2009. Après avoir pris connaissance des résultats des négociations entre la Direction d’Edipresse et la Délégation de la Coordination des rédactions, nous réitérons notre opposition de principe à tout licenciement.

La direction d’Edipresse étant fermement décidée à procéder à des mesures de restructuration, nous demandons instamment qu’elle réduise au maximum le nombre de licenciements et de réductions imposées du temps de travail, en prenant en considération les offres de départ volontaire et de réduction volontaire du temps de travail, ainsi que les demandes de retraite anticipée.

Nous insistons pour que ces offres soient analysées de manière approfondie, avec bonne foi et souplesse. Nous demandons qu’un contrôle paritaire soit effectué (avec nos négociateurs) avant que réponse ne soit donnée aux candidat(e)s à ces mesures volontaires et que les éventuelles lettres de licenciement soient envoyées.

Nous prenons acte du résultat des négociations menées par nos représentants dans le cadre de l’élaboration d’un plan social. Nous les remercions du travail effectué et leur apportons notre total soutien dans le contrôle de l’application du plan, particulièrement concernant la gestion des offres volontaires du personnel visant à éviter les licenciements.

Nous tenons également à exprimer notre solidarité avec les autres secteurs d’Edipresse concernés par les licenciements (CIE et EPSA). A cet égard, nous demandons, au nom de l’équité de traitement, que ces secteurs bénéficient également d’un plan social, et non pas de mesures d’accompagnement ainsi que la direction désire l’imposer.

Nous demandons enfin que les employés d’Edipresse ne soient pas les seuls à faire les frais de la conjoncture. Nous souhaitons qu’il en soit tenu compte pour la rétribution des hauts cadres dirigeants du groupe et lors de la distribution des dividendes aux actionnaires, ceux-ci devant aussi participer aux sacrifices visant à redonner à l’entreprise une assise solide.

Ainsi votée à Genève le 27 octobre et à Lausanne le 28 octobre par la Société des rédacteurs et du personnel de la Tribune de Genève, par la Société des collaborateurs de 24 Heures et par la Société des rédacteurs du Matin.


Négociations : ultimatum lancé à la Direction d'Edipresse Suisse

Le 28 octobre, réuni en Assemblée générale, le personnel du CIE et de l'EPSA s'est clairement prononcé contre les mesures d'accompagnement insuffisantes imposées par la direction d'Edipresse Suisse après deux semaines de consultation à sens unique.

Les mêmes assemblées ont approuvé à l'unanimité une résolution exigeant une vraie négociation pour limiter les licenciements et aboutir à un vrai plan social. Le personnel a fixé un ultimatum à la Direction au lundi 2 novembre à 12h pour donner sa réponse.

Réuni en Assemblée générale, le personnel du Centre d'Impression d'Edipresse (CIE) et d'Edipresse Publications SA (EPSA, prépresse, services techniques et administratifs) s'est prononcé à 90,4% des suffrages exprimés au CIE et à 87,75% à l'EPSA contre les mesures d'accompagnement - liées à la réduction de 100 postes (qui touchent plus de 110 personnes) annoncée le 9 octobre dernier - imposées par la direction d'Edipresse Suisse après deux semaines de consultation à sens unique.

Raisons du refus

Le personnel exprime son ras-le-bol d'être toujours traité sans respect du droit de participation et de négociation. Pour l'imprimerie et le personnel technique, la direction a imposé unilatéralement des mesures d'accompagnement au nom d'une lecture particulièrement restrictive du Contrat collectif de travail de l'industrie graphique. La conséquence principale de ce traitement, est que sans vrai plan social, signé par les partenaires sociaux, il n'y a aucun contrôle paritaire sur l'exécution de mesures par ailleurs jugées totalement insuffisantes.

Ultimatum pour qu'une négociation commence enfin !
Suite à ce refus, les mêmes assemblées ont approuvé à l'unanimité une résolution exigeant une vraie négociation pour limiter les licenciements et aboutir à un vrai plan social. Le personnel a fixé un ultimatum à la direction au lundi 2 novembre à 12h pour donner sa réponse. En cas de refus une négociation, le personnel s'est engagé à entreprendre les actions nécessaires pour faire aboutir ses revendications.

Solidarité des rédactions saluée

Le personnel du CIE et de l'EPSA, ainsi que comedia, salue le message de solidarité exprimée entretemps par les rédactions des trois quotidiens Le Matin, 24Heures et Tribune de Genève et invitent à continuer unis dans ce combat

undefinedRésolution du personnel du CIE et de l’EPSA



Comedia dénonce le manque de volonté de la direction d’Edipresse...

... Suisse d’éviter les licenciements. Mais les salarié∙e∙s n’ont pas encore dit leur dernier mot…

Diviser pour mieux régner
Edipresse avait déclaré vouloir « traiter de manière équitable et comparable » le personnel des trois secteurs d’Edipresse Suisse touché par la mesure de suppression d’une centaine de postes. Force est de constater que ce n’est pas le cas. D’un côté, Edipresse Suisse négocie et signe avec la délégation de la coordination des rédactions un plan social. De l’autre, elle consulte les commissions du personnel du Centre d’Impression d’Edipresse (CIE) à Bussigny et d’Edipresse Publications SA (EPSA, prépresse, services techniques et administratifs) et leur impose unilatéralement des mesures d’accompagnement, au nom d’une lecture particulièrement restrictive du Contrat collectif de travail de l’industrie graphique

Par ailleurs, comedia déplore le manque flagrant de volonté de la direction d’éviter les licenciements. Effectivement, la solution du chômage partiel s’est vue balayée et les mesures volontaires proposées par les commissions du personnel et comedia ont été rendues peu attractives par la direction qui ne laisse aux employé∙e∙s que trop peu de temps pour prendre une décision d’une si grande importance.

Décision précipitée
Comedia prend acte de l’accord entre la direction d’Edipresse et la délégation de la coordination des rédactions - donc pas de l’ensemble du personnel des rédactions. comedia déplore cette précipitation et pense qu’il aurait fallu attendre la position du personnel du CIE et de l’EPSA. Comedia avait insisté pour que la négociation se fasse de manière unitaire et ne peut que constater que, contrairement aux promesses faites, les négociations séparées ne visent qu’à diviser les salarié∙e∙s et les jouer les uns contre les autres. Les trois rédactions (Le Matin, Tribune de Genève et 24 Heures) feront part demain 28 octobre de leur point de vue et de la suite qu’elles entendent donner aux événements.

«Négoscussion» de pure façade
Néanmoins, il va de soi que le personnel du CIE et de l’EPSA gardent toute leur autonomie pour décider, demain 28 octobre, en Assemblée générale de la suite des événements. Ils∙elles diront également s’ils acceptent ou non les mesures d’accompagnement très peu généreuses octroyées par la direction, qui n’a pratiquement pas intégré les demandes de la commission du personnel et de comedia en matière de chômage partiel, d’indemnités de départ, de retraite anticipée et de financement de l’ensemble du plan social proposé. La direction d’Edipresse a joué une comédie de consultation mais, au final, n’impose que ce qu’elle avait décidé au préalable.

Lausanne, 27 octobre 2009


Après le coup de massue

Edipresse: le temps de la consultation
 
Après les annonces de licenciements chez Edipresse Suisse, le groupe consulte. Les commissions du personnel, la majorité des rédactions et comedia avaient demandé une négociation commune. Edipresse impose trois consultations séparées. Les commissions du personnel CIE et EPSA s’opposent aux licenciements et ont fait part de leurs propositions : notamment chômage partiel et préretraites dès 58 ans. La consultation se poursuit.
 
Après le coup de massue de l’annonce de la suppression de 100 postes chez Edipresse Suisse, le personnel s’organise. La loi oblige à une phase de consultation pour éviter ou limiter le nombre de congés. Les commissions du personnel, la majorité des rédactions et comedia avaient demandé une consultation commune. Alors que Tamedia avait négocié d’un bloc, Edipresse avance de pseudo-raisons techniques pour imposer trois consultations séparées, mais assure un « traitement équitable et comparable».
 
Pas de licenciements secs
Les deux commissions du personnel du Centre d’impression d’Edipresse (CIE) à Bussigny et d’Edipresse Publications SA (EPSA, prépresse, services techniques et administratifs), soutenues par comedia, s’opposent à tous licenciements secs. Elles mettent en avant un certain nombre de propositions qui pourraient empêcher les pertes d’emploi, comme le chômage partiel, les départs volontaires et des mesures volontaires comme les préretraites. Même si la direction semble vouloir penser que la baisse de la publicité est uniquement structurelle, nul ne peut nier, à part Edipresse, qu’elle est étroitement corrélée à la crise. Même Martin Kall, CEO de Tamedia indique, dans la présentation des résultats semestriels du groupe le 3 septembre dernier, que la baisse des recettes publicitaires est conjoncturelle à 85%. Une mesure de chômage partiel se justifierait alors pleinement et permettrait de profiter de ce temps pour une réorientation professionnelle ou de la formation continue. C’est à l’employeur d’en faire la demande, mais rien ne l’empêche de le faire conjointement avec les représentants du personnel…
 
Mesures volontaire
Les commissions demandent que l’on fasse des propositions concrètes à chaque salarié·e en cas de départ volontaire, en lien avec des mesures incitatives (comme des indemnités de départ progressives selon l’âge et l’ancienneté) et un délai de réflexion raisonnable. Sur les mêmes bases, une diminution volontaire du temps de travail peut aussi être envisagée, de même que des préretraites volontaires à partir de 58 ans, avec notamment les garanties de toucher la même retraite à 65 ans que si l’on avait travaillé jusqu’à 65 ans et 70% du salaire pendant la préretraite. Edipresse a les moyens de dédommager des travailleurs et des travailleuses qui ont souvent mis beaucoup de leur santé pour dégager les profits prodigieux de ces dernières années. Ce serait le moment d’en voir la couleur. Un fond ouvert équivalent à 10% des 226 millions que le groupe va toucher pour la moitié de la vente des activités suisses à Tamedia pourrait largement financer ces mesures.
 

La suite
Des assemblées du personnel auront lieu ces jours et discuteront de la suite à donner à cette consultation. Nous ne pouvons donc présager de la suite, si ce n’est que les salarié·e·s d’Edipresse semblent cette fois très remontés contre une décision injuste et massive. La direction pourrait être inspirée de lâcher du lest pour ne pas alimenter les braises d’un sentiment de révolte palpable.
 
Yves Sancey


300 personnes manifestent devant Edipresse: le début de la riposte

Photo Neil Labrador / L'Evénement Syndical

Lausanne, 12.10.2009 – Malgré la peur des licenciements, les salarié·e·s d’Edipresse ont répondu présents. Quelque 300 personnes ont manifesté ce lundi 12 octobre 2009 devant la tour Edipresse à Lausanne après l'annonce vendredi passé de la suppression d'une centaine de postes. Elles refusent les licenciements et veulent des négociations communes pour l'ensemble du personnel.

Il y avait là des représentants des imprimeries de Bussigny, des rédactions et de l’administratif de la Tribune de Genève. Il y avait des salarié·e·s travaillant au siège lausannois. Il y avait des représentants de plusieurs syndicats comme comedia, SEV, SSP, Syndicom et Unia et l’USV. Il y avait-là une foule impressionnante dans sa détermination et sa lucidité. Plus de 300 personnes venues dire leur ras-le-bol des caprices financiers du géant lausannois de l’édition.

Cela ne pourra se faire qu’au détriment de la santé des travailleurs qui resteront en place qui seront soumis à une pression infernale, au détriment de la diversité de la presse et de l’information et, au final, de la qualité même des journaux. La situation est d’autant plus dramatique pour les personnes qui vont perdre leur emploi que le quasi monopole de l’Empire Tamedia empêche de trouver facilement un nouvel employeur.

Comedia, le syndicat suisse des médias, se réjouit de ce début de mobilisation contre des licenciements qui ne se justifient en aucun cas puisque la santé financière d’Edipresse suisse est éclatante (résultat opérationnel avant amortissements à 22,5 millions et marge de 13%) pour le 1er semestre 2009. Licencier tout en faisant du bénéfice est inacceptable.

Edipresse Suisse n'a pas de gros problèmes financiers et les pertes dans la publicité sont conjoncturelles, a lancé Bernard Remion, secrétaire de Comedia. Il faut tout faire pour éviter des licenciements et obtenir des mesures comme le chômage partiel ou des retraites à 58 ans. Même le CEO de Tamedia reconnaît que la baisse de la publicité est conjoncturelle à 85%. Pas de quoi saborder structurellement le groupe !

L'autre revendication des manifestants porte sur les négociations qui ont démarré lundi avec la direction d'Edipresse. Comedia insiste sur la nécessité d’agir dans l’unité et de ne pas se laisser diviser par la direction. Quand Edipresse Suisse parle à Tamedia ou présente ses comptes, il s’agit d’un seul groupe. Quand il parle aux syndicats, il devient trois groupes, nécessitant trois négociations séparées ! Comedia exige donc que les négociations soient communes à l’ensemble d’Edipresse Suisse avec tous les représentants légitimes du personnel et leurs syndicats, Impressum et comedia.

"Nous ne sommes pas d'accord" de négocier séparément, il faut rester unis, tous corps de métier confondus, a plaidé un responsable syndical. La suppression d'une centaine de postes, soit 120 personnes concernées, "n'est qu'un début, d'autres secteurs vont encore passer à la moulinette", a affirmé un orateur. Avec le rachat d'Edipresse Suisse par le zurichois Tamedia, "d'autres économies d'échelle" vont suivre dans d'autres services: "ça ne s'arrêtera pas à 100". "Il n'y a aucune nécessité pour ce massacre", a dénoncé Roland Kreuzer, co-président de Comedia. "On n'est pas là pour remplir les poches des actionnaires d'Edipresse et de Tamedia. S'il y a une mutation structurelle de la presse, elle va prendre 10 à 15 ans".

Comedia se réjouit de ce début de mobilisation et soutiendra toutes les initiatives de la base contre ces licenciements iniques et dictés uniquement par une pure logique comptable et financière visant à améliorer la marge d’actionnaires déjà bien assez gâtés par les bénéfices colossaux d’Edipresse suisse qui ont permis d’éponger les opérations aventureuses et structurellement déficitaires à l’étranger.


Vague de licenciements sans précédent chez Edipresse Suisse!

9.10.2009. Edipresse Suisse est le grand groupe de presse qui a le mieux résisté à la crise actuelle avec une marge opérationnelle bénéficiaire de 13% au 1er semestre 2009. Et pourtant aujourd'hui il annonce la suppression de 100 postes supplémentaires qui font suite aux 120 déjà perdus depuis les mesures « Anticiper » d'août 2008. Comedia dénonce cette liquidation de postes de travail et la méthode utilisée qui met le personnel devant le fait accompli sans négociations pour éviter les pertes d'emplois alors que ceux-ci sont les garants de la qualité du travail autant dans les rédactions que dans l'impression des journaux.

Avec 13% de marge bénéficiaire, la crise a bon dos

En août 2008, Edipresse Suisse avait annoncé la suppression de 50 postes dans l'ensemble du groupe. Depuis lors, 3 vagues de licenciements au Centre d'impression de Bussigny et des licenciements éparpillés dans les services techniques de Lausanne et Genève, puis finalement au Matin Bleu, ont porté la perte d'emplois à près de 120 en un an, chaque fois sans aucune consultation préalable.

Entretemps, le groupe Edipresse a vendu ses activités suisses (sauf le secteur « Luxe » et Bilan) à Tamedia qui versera pour cela 226 millions à M. Lamunière au 1er trimestre 2010 pour en acquérir la moitié. Le 2e versement sera effectué début 2013, évalué en fonction de la rentabilité du groupe à ce moment là. Il est évident que d'ici là, MM. Lamunière et Adler mettront tout en ouvre pour rendre la mariée financièrement la plus belle possible et cela se fait dès maintenant au détriment du personnel et de la qualité de son travail.

Avec les mesures prises depuis un an, et malgré la crise du marché publicitaire, les comptes du 1er semestre 2009 du Groupe Edipresse ont confirmé que les activités d'Edipresse Suisse (périmètre vendu à Tamedia) étaient très rentables au contraire des autres secteurs du groupe, le « Luxe » et les activités à l'étranger, toujours déficitaires. Avec 22,5 millions de bénéfice opérationnel et une marge de 13%, Edipresse Suisse est le grand groupe de presse suisse le plus rentable, celui qui a le mieux résisté dans la crise.

C'est pourquoi Comedia, aux côtés du personnel, dénonce la décision de nouveaux licenciements avant toute consultation et exige qu'on mette tout en ouvre pour les éviter.
Pour cela, il faut suspendre tous les licenciements annoncés, et examiner dans l'ordre :

  • les possibilités de chômage partiel en tenant compte que la plus grande part de la baisse des recettes publicitaires est conjoncturelle (85% selon Martin Kall, CEO de Tamedia, conférence de presse du 03-10-09);
  • une offre solidaire, avec indemnités, pour des départs volontaires et des baisses volontaires de temps de travail;
  • des propositions correctes de préretraites volontaires dès 58 ans, financées par Edipresse.
Si des licenciements s'avéraient finalement indispensables, nous exigeons la négociation d'un vrai plan social sur la base du 10% de la somme que M. Lamunière va encaisser début 2010 pour les ventes de ses salarié-e-s suisses et leurs activités à Tamedia, soit 22,6 millions.Comedia exige que la consultation et les négociations soient communes à l'ensemble d'Edipresse avec tous les représentants légitimes du personnel et leurs syndicats, Impressum et Comedia.

Pour signifier clairement à la direction d'Edipresse cette volonté, Comedia appelle, aux côtés des autres représentants légitimes du personnel, à un rassemblement massif du personnel lundi 12 octobre 2009 à 11h30 devant la Tour Edipresse.

Résultats d’Edipresse

Activités suisses bénéficiaire
Edipresse a publié ses résultats semestriels 2009. On peut insister sur le chiffre d’affaires en recul de 18% ou la perte nette de 3,25 millions qui fait plonger le groupe dans le rouge. comedia fait une lecture plus positive.
 
La lecture syndicale montre un visage bien plus souriant, en dépit d’un contexte marqué par la crise. L’accord du rachat d’Edipresse Suisse (sans Bilan et le pôle luxe) par Tamedia oblige enfin le géant lausannois à chiffrer ce que rapportent ces activités dites «abandonnées» dans les comptes 2009. Ces chiffres confirment les analyses de comedia (voir mmagazine N° 5): les activités suisses d’Edipresse sont bénéficiaires et ont toujours servi (et continuent) à financer les investissements à l’étranger et dans le luxe qui ont toujours été et restent déficitaires.

De plus, les revenus des ventes en Suisse progressent de 58,7 à 61,6 millions, soit +4,85% (contre -50% pour le reste du groupe). En outre, les charges d’exploitation ont fortement diminué en Suisse de 181 à 156 millions, soit -25 millions ou -14%. La diminution de 100 emplois depuis un an et le renchérissement non accordé doivent peser lourds dans cette baisse.

Malgré la crise, Edipresse Suisse reste donc bénéficiaire. Le chiffre important, le résultat opérationnel avant amortissements (Ebitda), est positif à 22,5 millions, alors que le reste du groupe Edipresse perd 10,4 millions. La marge Ebitda, qui a certes baissé de 17 à 13%, demeure très appréciable dans ce contexte de crise et constitue le meilleur chiffre de tous les éditeurs suisses (baisse de 19,1 à 5,3% chez Tamedia). Seuls, les actionnaires qui espèrent toujours atteindre la marge délirante de 15 à 20% – atteinte néanmoins selon nos sources depuis 2004 – resteront sur leur faim et demanderont de nouveaux sacrifices pour avoir leur Rolex avant 50 ans.
 
Bernard Remion

Rentabilité réelle d’Edipresse Suisse

Les trop bons chiffres d'Edipresse Suisse

Depuis plusieurs années, le groupe Edipresse refuse de publier le détail chiffré de ses activités en Suisse (à part les revenus bruts) comme le fait, par exemple, le groupe Ringier. « C’est une décision d’entreprise » nous avait répondu M. Théo Bouchat, directeur d’Edipresse Suisse, le 17 septembre 2008 à la rencontre que nous avions exigée après les mesures de licenciement « Anticiper » d’août 2008.

En fait il s’agit surtout d’essayer de faire croire aux salarié·e·s suisses d’Edipresse que les affaires vont mal, qu’Edipresse perd de l’argent en Suisse, qu’ils ne sont pas «rentables» et donc que les licenciements sont justifiés, que la vente à Tamedia est inévitable pour garantir l’avenir…
Malgré la non-diffusion officielle des chiffres, nous savons que, comme nous le montre le tableau ci-dessous, la réalité est tout autre.
Depuis 2005, les activités hors Suisse d’Edipresse dépassent les 40% du chiffre d’affaires (47% en 2007 et 41% en 2008), mais elles sont restées nettement en déficit. Pour 2008, la situation a un peu changé: sur les 30,5 millions de bénéfice net du groupe, 10 sont dus à la vente finale des avoirs au Portugal qui avaient déjà été entièrement et lourdement amortis. Les 20 autres millions de bénéfice l’ont été uniquement sur les activités suisses. C’est le Matin Bleu qui est le principal responsable de cette baisse de bénéfice des activités suisses par sa non-rentabilité propre dans sa course effrénée avec 20 minutes et par la pression qu’il a exercé sur les autres titres d’Edipresse.
Il est clair que, jusqu’à présent, ce sont les activités suisses très rentables qui ont financé les investissements importants dans le monde et que ceux-ci n’ont pas encore fait les preuves de leur rentabilité.
Il est intéressant de constater que Martin Kall, directeur général de Tamedia, a confirmé, «à l’insu de son plein gré», dans une interview au Temps le 11 avril 2009, ce que nous démontrons ici. Tout d’abord en répondant à une question sur la faible rentabilité d’Edipresse, il a dit : «Ces chiffres se rapportent à tout le groupe Edipresse, avec les activités à l’étranger. Mes attentes se concentrent sur Edipresse en Suisse […] nous croyons au succès économique de cette entreprise. » A une autre question, titillé sur la reprise de quotidiens en difficulté (ceux d’Edipresse), il a répondu: «Ces journaux ne sont pas aussi menacés que les éditeurs veulent le faire croire. » Oh, les menteurs…
Il est donc évident qu’il n’y avait aucune obligation de vendre Edipresse Suisse pour sauver le groupe d’un naufrage hypothétique. Le but de l’opération tant pour les propriétaires d’Edipresse que pour Tamedia est et restera d’augmenter toujours la rentabilité de leur groupe sur le dos des salariés pour engranger le maximum de bénéfices. Et cela ne se fera pas sans de nouvelles «synergies», restructurations et pertes d’emplois.

Bernard Remion


REVENUS NETS1 EN MILLIONS DE FRANCS

Année   Edipresse     en Suisse      International
2004      11,75                26,65                -14,80
2005      37,46                42,25                -4,79
2006      30,09                51,84                -21,75
2007      32,28              ~35,00                -2,75
2008      30,52              ~20,50                 10,00

1. N’ayant pas d’autres données comparatives, nous sommes partis du bénéfice net, mais il aurait été plus juste de faire une comparaison à partir du résultat opérationnel avant amortissements (EBITDA) qui donne les vraies capacités de l’entreprise.
NB. Depuis 2007, nous n’avons que des estimations de sources sûres, mais sous toutes réserves.

Article paru dans m-magazine, N° 5 -mai 2009.

NB2. Le programme « Anticiper » d'Edipresse a liquidé près de 100 postes de travail, dont plus de 65 licenciements, entre août 2008 et l'annonce de la vente d'Edipresse à Tamedia. Pourtant les 2 / 3 des 30,5 millions de bénéfice net du groupe en 2008 ont été réalisés par les activités suisses.


Edipresse se moque de la CCT et du code des obligations

Comedia soutient le sit-in des salarié·e·s de 20 Minutes et du Matin Bleu

Depuis que la Commission de la concurrence (Comco) a donné son feu vert à la fusion des deux journaux gratuits – Matin Bleu et 20 Minutes - les mauvaises nouvelles n’ont pas tardé à tomber. Vendredi prochain 25 septembre, le Matin Bleu sortira pour la dernière fois laissant la place à son «concurrent». Résultat des courses : 10 personnes ont déjà été prévenues de leur licenciement.

Comedia dénonce le fait que ni le code des obligations, ni la convention collective de travail (CCT) des journalistes romands n’ont été respectés. Les licenciements ont été communiqués avant toute consultation avec les journalistes, les représentants des rédactions ou les syndicats. A une première demande de rencontre avec la direction hier mardi 22 septembre, les journalistes ont eu une réponse négative.
Face à cette violation de la loi, la Société des collaborateurs (SDC) du Matin Bleu, en collaboration avec les collègues de 20 Minutes, a organisé ce matin un sit-in de protestation de 11h à midi devant la Tour Edipresse. En même temps, la SDC a demandé à nouveau une rencontre avec la direction, ce qui a enfin été accepté, une demie heure avant le sit-in. Un rendez-vous est prévu pour demain, jeudi 24 septembre.

Le syndicat suisse des médias comedia, présent au sit-in avec d’autres journalistes de Edipresse ainsi que d’impressum, exprime son soutien aux journalistes et à tous les employé.e.s concerné.e.s. Comedia souhaite que la rencontre de demain puisse garantir à tous les journalistes le respect de leurs droits et que la direction d’Edipresse/Tamedia ouvre une procédure de consultation digne de ce nom : avec un délai d’au moins 7 jours ouvrables à partir de la notification formelle et avec une étude sérieuse des propositions.

La direction n’a pour le moment prévu que des mesures d’accompagnement et non pas un véritable plan social aux rédactions concernées. Il n’est pas acceptable que les licencié.e.s des deux gratuits  - et premières victimes de la vente des activités suisses d’Edipresse à Tamedia - ne soient pas mis.e.s au bénéfice d’un plan social à négocier avec les partenaires sociaux. Leurs collègues de Tamedia à Zürich et Espace Media à Berne ont obtenus des plans sociaux et non pas de simples mesures d’accompagnement. Tout autre procédé serait une violation du principe de l’égalité de traitement au sein de la même entreprise.

Comedia assure les rédactions concernées, ainsi que les salarié·e·s de 20 Minutes et du Matin Bleu, de leur solidarité et soutien.

Lausanne, 23.9.2009


Mesures de restructuration d’Edipresse: Le personnel frappé par la soif d’un taux de profit supérieur

Les propriétaires du groupe Edipresse ont décidé d’obtenir, dans leurs activités en Suisse, un taux de profit de 15 % (ratio entre revenus et résultats), alors qu’il est actuellement de 10,8 %. Ce caprice financier frappe pour l’instant une cinquantaine de salarié.e.s, mais personne n’est dupe, ce n’est qu’un premier train de mesures et d’autres suivront, notamment quand les éditions régionales de 24 heures seront supprimées, et alors même que la pérennité du Matin orange en semaine est tout sauf sûre.

L’argument (traditionnel) invoqué pour justifier les atteintes à l’emploi  est la baisse de la publicité. Or, le 10 avril 2008, en commentant les résultats 2007, la direction générale notait que les recettes de publicité étaient restées stables à 447 mios. La baisse actuelle n’est que conjoncturelle et elle est en grande partie due…au lancement du Matin Bleu qui siphonne les recettes des autres titres sans être pour autant rentable !

La cible actuelle d’économies est de 20 mios par an pour le groupe en Suisse. C’est exactement le même montant que la direction générale a consacré l’an dernier au développement et au lancement de nouveaux médias, principalement à l’étranger, sur un total d’investissements annuels de 47 mios. Autrement dit, on ponctionne la Suisse pour financer l’extension du groupe à l’est de l’Europe et en Asie.

Alors que la restructuration liée au projet directorial « Anticiper » commence en Helvétie, le groupe n’a cessé durant les six premiers mois de l’année 2008 d’acquérir de nouveaux éditeurs ou de développer ses productions on line. Ainsi, le 19 mars, Edipresse augmente sa participation, aux côtés du groupe Tamedia, dans le site web homegate SA, consacré à l’immobilier ; le 29 mars, Edipresse lance en commun avec le groupe Hersant Swisster,ch, un quotidien anglophone en ligne ; le 3 juin, Edipresse acquiert Appetite Media Ltd à Singapour, un éditeur spécialisé dans les revues de luxe ; le 6 juin, Edipresse lance Taiwan Tatler, un magazine haut de gamme ; le 4 juillet, Edipresse rachète Solitaire Media, un autre éditeur de Singapour dédié aux produits de luxe et qui arrose tout l’Extrême-Orient et, tout dernièrement, Edipresse entre dans le capital du Régional.

Alors que le groupe Edipresse investit beaucoup, tout en diminuant son endettement…, les mesures frappant le personnel, aujourd’hui et demain, apparaissent comme totalement infondées économiquement et totalement injustes socialement. Par ailleurs, aucune concertation sociale n’a eu lieu avec les représentants du personnel en violation grave des conventions collectives en vigueur et de la loi fédérale sur la participation.

Comedia appelle les salarié.e.s du groupe à ne pas se laisser intoxiquer par les discours alarmistes de la direction générale et des cadres supérieurs, à s’organiser et se coordonner pour exiger l’ouverture de négociations sérieuses et efficaces à l’échelle du groupe en Suisse avec le soutien de leurs organisation syndicale.

Bruno Clément et Bernard Remion

undefinedAppel au sit-in lundi 1er septembre 2008

undefinedCommuniqué de la Société des rédacteurs et du personnel de la Tribune de Genève

undefinedCommuniqué de la Société des rédacteurs du Matin

undefinedcomedia demande des négociations au niveau du groupe

undefinedLe tract de comedia distribué au sit-in de lundi à 11

undefinedLes résultats financiers du premier semestre 2008